Comment passer de la théorie à la pratique en matière de durabilité, à l’échelle des villes, des quartiers et des constructions ?

Éléments de réponse avec Caroline Drouard, directrice du département urbanisme et aménagement du territoire, et Samuel Majerus, coordinateur du service énergie et économie circulaire chez L.S.C. Engineering Group.

 

 

A quel moment faut-il intégrer dans la planification tous les concepts en matière de durabilité ?

Caroline Drouard : Pour des quartiers d’envergure, les orientations de développement et d’aménagement sont regroupées dans un “masterplan” : les idées en matière d’urbanisme, de paysage, de mobilité, de durabilité y sont développées. Il s’agit d’un travail en concertation avec les instances publiques, la maîtrise d’ouvrage, les bureaux d’études et d’architectes, et parfois même les citoyens.

Samuel Majerus : Pour des thématiques spécifiques comme l’économie circulaire, ces idées peuvent être regroupées sous la forme d’un manuel qui permet d’allier pédagogie, sensibilisation et communication. Ce manuel “économie circulaire” décrit la circularité souhaitée et donne des exemples et des suggestions, aidant les maîtres d’ouvrages à mettre en pratique les volontés circulaires. Finalement, un concept énergétique global et durable peut déjà être pensé et intégré dans le masterplan.

 

Comment garantir que les idées et les orientations de ces masterplans soient mises en œuvre ?

CD : Un masterplan est pensé plusieurs années avant la réalisation des constructions. Pour traduire ces idées de manière concrète et garantir leur mise en œuvre, il est important de les transcrire dans le PAP, qui est un document à caractère réglementaire et sur lequel vont s’appuyer toutes les autorisations de construire. Par exemple, une intention concernant les matériaux peut se traduire par une liste précise à utiliser dans le quartier. Il faut définir et retenir des critères qui soient vérifiables lors de l’instruction de la demande.

SM : Le manuel “économie circulaire” est très bénéfique pour les maîtres d’ouvrage ayant déjà une volonté de construire circulairement. Par contre, n’étant pas contractuelles, il faut que ces intentions se traduisent en prescriptions circulaires dans le PAP : façades ou toitures vertes, énergies renouvelables, potage urbain, économie de partage, isolations durables, construction bois, certifications LENOZ et bien d’autres éléments peuvent y figurer.

 

Quel est votre avis sur le futur au Luxembourg en matière de durabilité ?

SM : De nombreux Masterplans vont déjà dans cette direction. On peut notamment citer le Quartier Alzette Esch/Schifflange (COBE, Urban Agency, Urban creators, L.S.C.) où nous avons placé l’économie circulaire au premier plan, ou encore les nouveaux quartiers au Kirchberg qui reprennent également ces idées. Finalement, le Climat Pacte 2.0 qui apporte certains changements, notamment une plus grande place à l’économie circulaire, vont, selon moi, pousser plus de communes à franchir le pas. Ce n’est que le début !

CD : Il faut également citer le quartier au Nord du pays “Wunnen mat der Wooltz”. Pour certaines phases, le PAP est déjà réalisé et est en cours d’exécution. Les constructions vont suivre dans la foulée. Je suis curieuse de voir le résultat et la mise en œuvre concrète des différentes prescriptions dans quelques années lorsque le quartier va vivre.

 

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